Le moindre espoir devient nécessaire. Derrière mes remparts de pudeur et de chaire, la douleur orgueilleuse n'a pas le mérite d'être claire. J'attendrais surement une vie tout au plus, de combler ce manque que je traine dans le couloir de bus. Se plaindre du poids des trahisons mais quoiqu'il en soit, face à nos fautes; elles ne font pas le poids.

_____-____Je me souviens d'avoir prier pendant des heures, les genoux à terre et les larmes ne voulant plus s'arrêter de couler. Je m'en souviens comme si c'était hier. Je me vois encore en train d'implorer Dieu pour que tu me reviennes. Aujourd'hui, je sais que tu ne reviendras pas, j'ai compris avec le temps. Tu es parti. Loin de moi. Loin de nous. Tu as laissé beaucoup de personnes derrière toi, oui, mais à l'heure où je t'écris, c'est moi qui souffre. C'est moi qui pleure. Oui, j'en pleure mais tu me manques et cela depuis bientôt neuf mois. Oui, on manque tous de quelque chose. Moi ? Je manque de quelqu'un. Neuf mois c'est long. Neuf mois c'est trop. J'en suis arrivée me demander pourquoi toi. Dieu n'a -t-il pas vu à quel point l'on s'aimait ? N'a -t-il pas vu à quel point je t'aimais ? Bien sur que je t'aime encore, et ce, pour la vie. Je pourrai le répéter des centaines de fois: pour la vie. Oui tu es encore à moi et en moi, et ce, même si tu n'es plus là. J'ai tenu jusqu'à maintenant, je n'en ai parlé à personne, je me suis convaincue de garder mes peines pour moi, j'ai pris sur moi. Peut être un peu trop, mais aujourd'hui, je vous l'avoue, je me l'avoue. Je suis fatiguée. Je ne tiens plus, je suis à bout de forces et si aujourd'hui j'écris ma douleur, c'est surement pour mieux l'oublier. Espérer que les mots guériront mes maux, c'est tout ce que je sais faire. Oui, depuis neuf mois, je ne dors presque plus. Mon alimentation ne se résume qu'à avaler des médicaments. Oui, je suis malade, mais ce n'est pas grave. Le médecin a dit que je devrais prendre un traitement toute ma vie, mais ce n'est pas grave. Rien n'est grave depuis que tu n'es plus là. Rien n'a d'importance. Je suis fatiguée et j'ai faim. J'ai faim parce que j'ai recommencé à faire ce que je ne devrais pas. Je sais que tu me vois le faire et Dieu seul sait à quel point j'ai mal quand je recrache ce que j'ai dans le ventre. Mon amaigrissement continue. Il a débuté, il y a fort longtemps, mais il n'a jamais été élevé à ce point là. Ma déchéance connait désaprésent son apogée. Je ne suis pas bien dans mon corps, oui, je le sais, mais avec le temps, je guérirais. D'ailleurs, on m'a dit que le temps était le meilleur des remèdes, mais bon, le temps, c'est long. J'aimerais comme vous pouvoir manger en ne pensant à rien. J'aimerais comme vous, vivre en ne pensant à rien, mais depuis que tu n'es plus là, je n'y arrive plus. Je pleure tous les soirs. Toutes les larmes de mon corps. Je vous le dit, je vous l'assure et je vous le jure. J'aurai aimé pouvoir te parler et te voir encore une fois. J'aurai aimé simplement te prendre la main ou te serrer dans mes bras, mais je ne peux plus. Tu n'es plus là. Plus je me répète cette phrase et plus il m'est difficile d'affronter les souvenirs. Des souvenirs ? Oh ça, oui il y en a. D'ailleurs, je crois qu'il me reste que ça. Je revois ton visage à chaque fois que je ferme mes yeux, j'entends ta voix dans chaque moment de silence, je ressens ton odeur dans chacune de mes respirations. Chaque pas que je fais, je le fais pour toi. Chaque parole que je prononce, je la prononce pour toi. Pour nous. Aujourd'hui, oui je vis pour deux. Pour toi, et pour moi si je le peux. Plus rien ne compte à mes yeux. Plus rien et plus personne. Je déteste toutes les personnes que je croise chaque jour, pour ne pas voir à quel point j'ai mal. J'en veux à tous. Aujourd'hui, il n'y a aucunes personnes qui ne m'ai jamais déjà déçue. Aucunes. Je ne fais confiance en personne. Tu sais, je porte ton étoile de David. J'ai menti à tous sur son origine. Personne ne sait réellement de qui elle provient, sauf Toi. Devoir prouver qui l'on est et ce que l'on est; putain ça fait mal. Mais peu m'importe de ce que l'on dira sur étoile, je continuerai à la porter. Pour toi. Pour moi. Grâce à la foi que j'ai ou que je crois avoir, je me dis que Dieu t'as gardé et t'as offert une place à Sa droite. Après tout, on cherche tous le repentir. Qui, ayant la foi, ne souhaite pas partir après avoir fait tout le Bien possible. Si j'en suis venu à parler de cette croyance qui me nourrit de jour en jour, c'est pour toi. J'ai pris exemple sur ta piété et si j'ai trouvé la force de me battre, dans la foi, c'est pour essayer de survivre. Chacun se réfugie dans ce qu'il peut. Je souhaite à celui qui se demande pourquoi il vit, de la trouver, cette foi. Pourtant, aujourd'hui, j'en suis sure, je ne vis plus. J'ai beaucoup trop pleuré pour pouvoir aller mieux maintenant. Plus rien n'est comme avant et plus rien ne sera comme avant. Tu n'es plus là. Un deuil se fait dans l'ombre. Dans l'ombre de l'amertume et de la torture. Alors comprenez que je m'habille tout le temps en noir. Aucun signe de gaité à sa place sur moi. Tu vois, aujourd'hui, j'aurai juste aimé que tu connaisses quelqu'un. Ma s½ur. Pas besoin de citer son prénom, ni même son nom, car de là où tu es, j'imagine que tu peux nous voir. C'est une fille comme Elle, que tu méritais de connaître, car c'est la seule personne qui n'est pas ce vice qui détruit de plus en plus la population qui nous entoure. Le vice de l'hypocrisie. Si je parvins aujourd'hui à finir ce texte épistolaire. Crois moi, ça n'a pas été facile. J'ai l'impression de ne pas t'avoir tout dit. Envahie par la peur de te décevoir, ne crois pas qu'en ces lignes, j'ai réussi à me vider. Je n'arrive pas à trouver les bons mots en faite. Je ne sais pas décrire ce que je ressens. Je ne suis pas faite pour ça. Je ne suis pas faite pour l'écriture. Rien n'est fait pour moi. Rien ni personne, si ce n'est toi. J'ai tellement appris à ne rien dire que je ne peux plus. Je ne peux parler de toi que quand je suis seule. Seule avec moi même et seule avec toi. Tu comprendras dans mes prières à quel point je t'aime. Je sais que tu n'es pas loin. Cela va faire bientôt neuf mois que tu es parti. J'ai tenté plusieurs fois de te rejoindre, deux fois exactement. Oui, mais rien n'y fait. Je suis encore là, à écrire. Deux fois cette année. Crois moi. L'hôpital, je le connais. Je suis abattue, surement achevée, et cela depuis longtemps, mais je ne l'ai jamais été à ce point là. Bien sur que je suis détruite. Bien sur que je souffre. Bien sur que je suis anéantie. Anéantie à seize ans, n'est ce pas trop jeune ? N'est ce pas trop tôt ? Tu pourras voir, quand je marche, le poids de mes peines. Oui, je les traine, mais ce sont nos souvenirs que je porte, alors pour rien au monde, je les lâcherais. J'aurai aimé rire de ce que nous rions ensemble, faire ce que nous faisions ensemble mais je ne peux plus. Nan, je ne peux plus. Et si je dois regretter une chose, ça sera le fait que l'on m'ai supprimée mon répertoire téléphonique. Sans savoir que tu étais encore dedans. Ton prénom est supprimé. Ton numéro aussi. Alors si j'ai cessé de t'appeler, ce n'est pas entièrement de ma faute. Oui, je t'appelais mais je savais que tu ne répondrais pas. Depuis neuf mois, ta ligne est coupée, mais j'avais toujours l'espoir d'entendre ta voix. L'espoir de croire que tout cela n'était qu'un cauchemar. Que je me réveillerais et tu serais toujours parmi nous. Je me suis trompée, et je l'ai compris. Après neuf mois d'absence, en réalité, on comprend beaucoup de choses. On réfléchie, on médite et on comprend. Du moins, on essaye. Parfois l'on regrette, mais surtout on en pleure. On pleure de n'avoir pas fait assez de choses. De ne pas avoir dit certaines choses et c'est ainsi que les remords t'envahissent. On m'a dit un jour, que l'on ne parle jamais de ses plus grandes peines. On les garde toujours pour soi. Alors si maintenant, j'en suis venue à parler de toi, c'est que je vais surement connaitre pire comme chagrin. Un chagrin dont je ne parlerais pas. Oui, j'ai parlé de toi, mais que personne me pose une seule question. J'en ai déjà trop dit. Si on me demande de qui je parle, je répondrais de personne. Si on me dit que mon texte est beau et touchant, je rétorquerais qu'il n'y a rien de beau dans la souffrance. Et si aujourd'hui, j'en parle, c'est qu'il est venu le temps de vous quitter. Ne dit-on pas jamais deux sans trois ? Je n'y arrive plus, j'arrête. Je reviendrais certes, mais quand, je ne sais pas ..

# Posté le samedi 31 janvier 2009 20:36

Modifié le dimanche 18 octobre 2009 12:15

02/09-06/09
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# Posté le samedi 15 septembre 2007 15:19

Modifié le mercredi 02 septembre 2009 11:29